Voyage français

12 septembre 2018

La guerre était le temps des déplacements

Moi aussi dans ce chaos je me suis décidée à recommencer. A l’époque plein de gens se déplaçaient, changeaient leurs lieux d’habitation. Ils allaient en Allemagne, au Canada ou vers l’Est. Régulièrement on apprenait que quelqu’un était parti.

Peut-être s’il n’y avait pas eu la guerre, moi je n’aurais pas décidé ainsi drastiquement de changer mon lieu d’habitation, de déménager. Mais déjà à cette époque, même si j’étais très jeune, je saisissais par mon intuition que Z. n’est pas la ville pour moi, n’est pas taillée pour ma mesure et mon aventure a commencé, ce long voyage qui a duré 20 ans.

Oui, car en temps païx l’on ne se décide pas aussi facilement de quitter l’endroit où on est. Mais en guerre, dans ce chaos, on doit prendre des décisions beaucoup plus vite.Et des décisions importantes, même drastiques. Moi, je les ai prises, coûte que coûte.

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22 août 2018

Le pèlerinage

Je cherchais des explications sur le pèlerinage : pourquoi des gens décident de partir en pèlerinage. Dans un livre sur le pèlerinage au Moyen Age, j’ai trouvé la meilleure explication : pour retrouver un ordre dans sa vie.

Avant de partir de nouveau en France, je sentais que le vers de la chanson « Il viaggiatore » d’Angelo Branduardi s’adressait à moi à ce moment-là: « Questa è la tua ora, parti viaggiatore. »

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La présence et l’absence

Moi j’avais déménagé pendant 27 ans, à partir de ma 16e année. J’ai déménagé 17 fois, de ville en ville, de pays en pays.

Ce que j’ai pu constater c’est que les gens de ton entourage ne comprennent rien au mécanisme de déménagement. C’est un grand obstacle à la compréhension. Ainsi j’ai perdu plusieurs amies car elle ne comprenaient pas que je venais de déménager. Elles ne comprenaient pas ce que c’est d’arriver dans une nouvelle ville et de devoir organiser sa vie (pour moi plutôt organiser la vie de nous deux), elles pensaient que je les évite. Et moi j’avais d’autres chats à fouetter que de les appeler et de parler avec elles-sur quoi ? Oui : Il n’y a que les gens qui ont déménagé qui peuvent comprendre cette expérience car ils l’ont vécue sur leur propre peau.

Il y a des vérités qui s’avèrent toujours lors d’un déménagement. L’une d’elles est : Le vagabond est un invité indésirable. Tu déménages souvent ? C’est suspect.

Il y a encore un fait et je peux jurer que c’est scientifiquement prouvable, celui de la présence et l’absence.

Moi je travaillais dans une profession où déménager faisait partie du travail. Alors on n’est pas tout à fait présent dans la ville qu’on habite car on est toujours dans la possibilité d’un départ imminent. En fait, pendant ces 13 ans, j’étais moitié ABSENTE. Je n’étais pas complètement présente ni à Stbg (parce que je savais que je partirais) ni à Zg (parce que je partais constamment, que ce soient des départs réels -Toulouse, Arles- ou fictifs (parce que j’espérais repartir à l’étranger plus longtemps). A Paris aussi j’étais absente car je savais que je n’y pouvais pas rester de toute façon. Donc, j’étais absente du SOL où je marchais pendant 13 ans. Pendant 13 ans, je flottais dans l’air. Je fonctionnais, oui, bien sûr, on fonctionnait même en deux. Mais je n’ai pas eu d’enfants.

Et voilà encore un exemple. Cela arrive aussi aux marins (je l’ai entendu dans l’émission La soirée de marins) : on est chez soi, on sait qu’on va partir mais on ne sait pas quand. LE coup de fil : hop ! La date est fixée et on est déjà absent. Même s’il nous reste encore un mois avant le départ : mais on n’est plus présent.

 Moi je suis persuadée que le voyage crée l’addiction.

L’addiction au voyage.

C’est une ad-dict-ion.

C’est pour cela, à mon arrivée à Rijeka lors des premières fêtes de fin d’année où je ne devais pas faire mes valises, je me promenais devant la gare routière en voyant la foule qui s’entasse dans des bus comme moi autrefois en me disant : « Dieu merci, je ne dois plus partir. » Car la dernière année de ma vie à Zg je ne supportais plus de m’asseoir dans les bus de cette gare routière : je ne supportais plus ces éternels départs.

Encore un mot sur l’absence.

Lorsqu’on envisage de déménager, on n’est plus sur le sol-on est dans l’air. Lorsqu’on veut constamment quitter l’endroit qu’on habite – notre esprit est dans l’air. On n’est pas sur le sol-on est absent. Ton esprit est absent. Mais le corps et l’esprit doivent faire l’un : un ensemble.

J’y suis présente. Je ne suis plus absente, je ne suis plus dans l’air, je suis sur le sol.

Moi, mon voyage intérieur, je l’ai fait. Je l’ai fait en vrai, j’ai fait véritablement des voyages. Moi j’avais besoin de partir pour guérir le traumatisme. Ce long voyage a guéri mon traumatisme.

Moi je suis partie loin. Près de l’océan atlantique. J’ai fait tout ce long parcours.

Si moi j’ai pu passer par toutes ces expériences, je suis prête.

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20 août 2018

Dieu de retour

Dans une d’innombrables émissions à la radio italienne que j’écoute, il y en avait une sur le Dieu de retour - il Dio del ritorno.

Le Dieu de retour est une divinité d’antiquité qui est vénéré sur la Via Appia aux portes de Rome.

C’était une émission qui a attiré mon intention car il s’agissait d’une divinité du voyage, liée au parcours du voyageur. Son autel se trouvait sur la Via Appia pour ceux qui partaient à Rome ou qui rentraient à Rome après un long voyage en Orient ou au retour des pleines d’Italie de Sud.

Heureux celui qui pouvait le vénérer à son retour, celui qui retournait sain et sauf.

Dans l’émission a été dit quelque chose de très important : lorsqu’on part, on doit penser aussi toujours au retour si on est chanceux d’avoir un endroit où retourner.

Des offrandes qui étaient faites au Dieu de retour étaient dans l’espérance qu’on retournera en forme, plus riches ou plus vivants qu’avant, ayant appris des choses et enrichis des rencontres faites le long du chemin.

Car le voyage n’est-il aussi un hymne de cette possibilité d’homme de pouvoir marcher, hymne à la liberté de bouger dans le monde.

Fabrizio de André l’a bien dit dans sa chanson Khorakhané : « Per la stessa ragione del viaggio, viaggiare ». Pour la raison même du voyage, voyager.

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04 août 2018

Hey, cet endroit était autrefois habité par quelqu’un !

Hey, vous qui êtes maintenant dans cet appartement où habitait autrefois ma famille, hay vous qui louez des chambres d’hôtes et des appartements en France, sur la côte adriatique, en Méditerrannée, hey !

Ici-habitaient-des-gens .

Ici avaient lieu leurs drames, nos drames, drames personnelles, ici ces gens luttaient pour survivre, pour que leurs enfants survivent, leurs petits-enfants, ici vivaient des gen !

Hey vous qui payez aujourd'hui tout simplement euros pour un appartement ou un gîte à Opatije ou en Corse, hey vous ! Ici vivaient des gens ! Hey vous qui avec votre argent achetez tout simplement une maison à Obrs ou à Moscenicka Draga ou n’importe où, sur la côte adriatique ou en Corse : ici vivaient des gens ! Ils étaient arrivés là avant vous, ils existaient, ils partirent. Ici vivaient des gens et moi je vous dis, leurs esprits continuent à être ici, parmi vous, parmi nous.

Ces gens...ces gens que je connaissais, petite, à Draga, en Istrie, à Opatija...eux tous (nous tous) avons donné notre contribution, on a donné tout ce qu’on a dû, ou mieux encore, on a donné tout ce qu’on a pu donner, tout ce qu’on a pu, on a donné. Et on est partis, les autres sont arrivés.

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03 août 2018

A mon retour à Rijeka

Je vais écrire des bateaux. Depuis que je suis arrivée à Rijeka, je suis émerveillée en regardant les bateaux.

Rien d’étonnant, cela fait longtemps que je ne les voyais pas, cela fait longtemps que je ne pouvais pas les regarder.

Quand je suis arrivée à Rijeka, la première chose qui m’a ravie c’était le port, la mer, les bateaux.

A un moment donné, j’ai remarqué la montagne (en la voyant du port de Rijeka)

A un moment donné, de mon balcon, j’ai remarqué les versants de la montagne baignés de soleil (le soleil les illumine, le jeu de clair-obscur)  

Rijeka comme si c’est un port qui ne l’est pas. Un port vétuste. Il fascino del vecchiotto. Tout cela a été bâti bien avant nous par quelqu’un…

Dans ce port, il n’y a pas beaucoup de bateaux mais ils ont l’air d’odysée.

Une scène mythique : la mer et le port dans le brouillard, des grues...une vraie image d’odysée, d’Ulysse.

Des bateaux de pêcheurs sur la jetée tôt le matin lorsqu’ils rentrent de la pêche, accompagnés de leurs amis fidèles : les goëlands.

Lorsqu’il y a le vent de sud, les bateaux sont embaumés de brouillard.

Et lorsque le bateau nous salue par sa sirène ! Sa sirène a le même son que celui qui marque le début de l’émission radio la soirée de marins.

A part les grand bateaux, dans le golfe de Rijeka il y a aussi de petits bateaux de pêcheurs qu’on peut voir le matin ou au crépuscule. On peut discerner le pont de Krk. Voir le port qui dort. Des grues du chantier naval. La presqu’ile d’Istrie.

Qu’elle est belle, Rijeka ! Ces petites maisons aux jardins, des convolvulus violets qu’on peut voir encore à côté de l’église San Nicolo’.

Comme une Rijeka d’antan, ancienne. Ici poussent des agaves, menthe sauvage, romarin, lavande.

Le vent de sud sur la promenade au bord de la mer. Ce matin-là il y avait des averses, les ruisseaux sont apparus, ils se sont versées à la mer, tels de vrais geysirs, toute cette eau qui coule de l’Ucka à la mer, la couleur de mer marron, vert-clair et bleu.

Le vent de sud, préféré des geëlands.Ils tracent par leur vol ses lignes invisibles dans l’air.

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A mon retour à Opatija

Qu’est-ce qui m’est resté d’Opatija où j’avais vécu 10 ans ?

Lungomare-promenade au bord de la mer. Scirocco-Le vent de sud à Lungomare lorsqu’il n’y a personne qui s’y promène.

La bibliothèque. Cette belle bibliothèque jadis dans le parc, à la Villa Angiolina.

La païx, une fois les touristes partis.

Ces anciennes vendeuses dans des magasins.

Ces femmes qui travaillaient dans la Maison de santé, si modestes.

Ces chênes, à même la mer.

Dieu merci, j’avais vécu 10 ans à Opatija.

Cet odeur du laurier.

Opatija est un lieu de villégiature.

Ces hôtels, ces magnifiques cafés historiques : Slavija, Paris, Imérial, Continental.

Ces vieilles hôtels particuliers austro-hongrois où avaient vécu nos voisins, des ouvriers qui vivaient dans des palais.

Opatija est pleine de passé.

Opatija possédait l’esprit d’une autre époque : l’artisan qui fabriquait des chapeaux, le bijoutier philigrane.

Ici à Opatija comme si le temps s’était arrêté. Ici le temps va lentement.

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31 juillet 2018

Des manières d’apprendre la langue française

Et pas que...aussi la langue italienne, anglaise…

J’ai eu recours-je me suis aidée à tirer des mots inconnus dans de petits dictionnaires de poche dans lesquels des pages étaient marquées par des lettres N (nom), V (verbe)...alors classer des mots inconnus par des genres de mots, et aussi noter séparément les locutions.

 

Lire aide également. Les mots se répètent, nous a dit ma première lectrice de français de la première année d’études de français, Marija Paprasarovski. Mon premier livre que j’ai lu en français était «  Le Marin de Gibraltar » de Marguerite Duras -c’était pour moi comme si je lisais en arabe, un mot sur deux ou trois m’était inconnu, même si j’avais étudié avant le français au lycée mais le vocabulaire et la grammaire qu’on avait appris n’étaient que basiques. Bien sûr, ce ne sont pas tous les mots inconnus qui sont censés être traduites mais surtout des mots clés.

La lecture de la littérature française m’a sauvé, m’a aidé à surpasser de terribles années de guerre. Je me rappelle exactement où je lisais quel roman : « Les liaisons dangereuses » , je le lisais dans le train Zagreb-Rijeka.

Ce qui aide aussi, c’est d’écouter la musique, des chansons de sorte que des mots entrent dans l’oreille. Mon mari a commencé d’apprendre le français par des paroles des chansons d’Aznavour.

Ainsi… tout cela est bel et bien -mais il faut commencer à parler et commencer à écrire (parler au téléphone en français a ses difficultés spécifiques)

 

A mon arrivée à Strasbourg, au tout début lorsque une Bulgare m’avait dit que des phrases en français que je formule sont trop compliquées, je faisais des efforts à simplifier mes phrases.

Pour l’écriture, prof. Vidan m’avait dit une fois : lorsqu’on a des soucis à écrire une phrase, c’est le plus souvent lorsqu’on ne sait pas clairement ce qu’on aimerait écrire, ce n’est pas clair dans la pensée et alors ce n’est claire non plus dans l’écriture.

Ecrire en français – même si j’avais étudié cette langue – était l’étape suivante qu’il fallait traverser, franchir. Au début je copiais et recopiais des textes bien écrits pour pouvoir discerner des expressions. Cela s’est avéré une très bonne méthode !

Souvent j’écris mon journal intime en français.

Et en dernier lieu, le vocabulaire : il faut capter des mots. Oui, les mots, il faut les voler. Moi je les vole dans des articles des journaux, dans les conversations, dans des emails ; je capte des mots inconnus. Et on revient au petit dictionnaire de poche de début de cette histoire et sur Marija Paprasarovski qui nous a dit : une fois appris, ce savoir on l’active plus vite après. Dieu merci !

 

Pourquoi apprendre le français ? Pour avoir accès à une optique qui est différente, qui n’est pas pareille à l’optique anglophone.

Avec le français, on ne s’enrichit pas matériellement mais on enrichit son esprit. Un grand plaisir que cette langue t’offre est de pouvoir communiquer avec des gens d’autres continents !

Ce qui est une manie française est que tant des français que des enseignants de français corrigent des gens qui sont en train d’apprendre cette langue. J’essaie d’éviter cela.

C’est une langue qui est très précise, exige la précision. Je l’ai compris lorsque j’ai commencé à rédiger des emails – il faut SAVOIR ce que tu veux écrire, quel message tu veux transmettre.

 

A mon avis, on ne peut pas apprendre une langue sans la littérature et la culture de cette univers linguistique (même si j’ai entendu dire qu’il y a des gens qui étudient une langue par intérêt. Mais je pense que tôt ou tard ils vont se trouver tête à tête avec, si pas avec la littérature, alors avec la culture.

La langue anglaise, je l’ai commencé à étudier en tant qu’élève adulte. En l’apprenant, pour pouvoir le maîtriser, j’écrivais énormément des mots inconnus et je copiais leur signification en anglais, pour resentir la chimie de cette langue.

 

C’est beau d’appendre l’anglais aussi, c’est une sensation complètement différente des langues romanes. Mais les langues romanes sont mon amour. Je suis attirée par la Méditerrannée, des herbes aromatiques. A Strasbourg je sentais que ce n’est pas mon habitat- il n’y a pas de mêmes herbes. Et le ciel est gris à pleurer.

Ici, à l’Adriatique, la langue française me manque. J’aimerais parler chaque jours en français. Mais je ne le peux pas alors j’écris et je traduis.

 

Pas mal de fois je me suis posée la question : pourquoi avais-je décidé d’étudier le français ? A un moment donné j’ai pensé que c’est parce que je lisais des contes français(Charles Perrault et autres) qui étaient douces, belles, dans lesquels le monde était représenté d’une manière plus belle. Nous, nous avions à disposition des contes des peuples de Yougoslavie (pleines de douleur et horrifiantes), et les contes françaises étaient douces, tendres, belles et sages, accompagnées par des illustrations qui étaient tendres aussi. C’était pour moi un monde qui n’est pas Bas-Celik, Price iz davnine et Cie. C’est pour cela que je préférais de loin le livre de ma mère « Carbonel, le roi des chats de Barbara Sleigh) dans lequel une fille et un chat passent par des aventures dans une ville qui m’était inconnue avec de hauts immeubles (mais cette architecture n’est certainement pas en ex-Yu ni plus à l’Est).

J’ose croire que le français, lui aussi, m’a choisi aussi car j’ai eu la chance de l’avoir comme deuxième langue au Lycée, à mon plus grand bonheur. Après tout a pris son cours… Ah, et ne pas oublier des films « La boum » dans lequel (on habitait encore à Draga et on regardait ce film avec maman) Sophie Marceau en plus jouait la guitare ! J’aimais aussi le film Les tricheurs de Marcel Carné. Et plein d’autres films français...

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Sur la langue française et son apprentissage

Comment est pour moi la langue française ? Exigeante. J’ai mis beaucoup, beaucoup d’années et d’efforts pour la maîtriser. Quelle est la sensation de la parler ? Magnifique ! Utiliser des nasales et les autres sons qui n’existent pas dans ma langue maternelle. Utiliser les phrases et des mots apprises, construire des bouts de phrases. Beaucoup de fois le français sort de ma bouche avant le croate p.ex. Lorsque je sursaute dans le trafic au passage piéton à cause de la manière de conduire et je dis au chauffeur « Qu’est-ce que tu fous, là ? »  ou quand le matin sonne le réveil lorsque je me prépare pour me rendre au travail, je lui dis « J’arrive, j’arrive! ». Aussi, c’est magnifique de pouvoir parler avec mon mari en français, le fait qu’on partage cette langue, que c’est notre langue commune.

 

Quel est la sensation de l’écrire ? C’est un grand plaisir de construire les phrases. Par exemple, lorsque je traduis du croate en français, ne seraient-ce que des traductions scientifiques ou techniques, j’aime chercher la terminologie, bien sûr, souvent je passe à travers des dictionnaires anglais-français voire ceux croate-anglais puisque malheureusement notre dictionnaire français-croate est obsolète -mais il m’a très bien servi pour la traduction du Voyage en Bosnie.

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30 juillet 2018

Moi, fille de la fin du XXe siècle

En fait, toute cette littérature du XXe siècle et toutes ces histoires, émissions à la radio sur les destins du XXe siècle se sont déposées en moi. Moi j’étais petite et jeune, je ne comprenais pas le déroulement, le flux de l’histoire autour de moi. Mais toutes ces destinées et leurs histoires entraient dans mon inconscient. Ces passages de frontières, traversées de frontières, ces passeports pleins de cachets. Et peut-être la question essentielle -comment traverser la frontière ? En tant qu’étudiant ? Ou partir avec un soldat ?

Moi je suis partie de la manière la plus élégante et la plus fine possible, peut-être aussi la plus rare.

J’aime lire les histoires comment les gens ont réussi d’arriver à Paris. Ce sont mes lectures préférées !

En effet, en lisant les biographies de ces gens je réalise qu’à l’âge de 20 ans, ces quelques ans vers la vingtaine arrivent des rencontres décisives sur lesquelles on construit après son chemin.

Cela s’est passé à moi aussi.

Et moi je suis persuadée : c’est toi-même qui attires ces rencontres par ton inconscient.

Moi je voulais arriver à Paris.

Je n’osais même pas penser ni le dire à moi-même mais c’était mon but et mon chemin.

C’est pour cela que lorsque je suis arrivée à Paris fin août 2013, ce premier mois de septembre, j’étais complètement séraine. Le pèlerin est arrivé au bout de chemin, a atteint son but.

C’est une très belle sensation. Moi j’ai accompli le voyage à Paris. C’est aussi un voyage très symbolique parce que pour moi, Paris est aussi un symbole. Un grand symbole pour une fille de Sud-Est, au tournant du siècle et du millénaire.

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