Pendant un an, j’ai travaillé dans le port. Pendant un an je me rendais au travail dans le port. Ici, on dit Riva.

Pour moi, le plus intéressant dans le port était de regarder des bateaux. J’aimais le fait d’être dans le port. J’aimais reconnaître des travailleurs de port qui font le chargement des grands bateaux.

C’était pour moi un grand plaisir de passer de coté du bateau-hôtel marina pour voir qui est assis sur leur terrasse le matin pour prendre son café. Souvent je voyais des étrangers autour ce botel et dans la pâtisserie Cacao où les filles et les garçons qui travaillent dans ce café m’ont apprivoisée comme moi je les ai apprivoisés.

Le port est la partie la plus intéressante de Rijeka. Ici il y a toute sorte des gens, des scènes de toute sorte. Ce qui est génial aussi c’est que le grand marché de la ville est à proximité du port.

Au début, j’étais très mal à l’aise de faire mes courses au marché, je ne connaissais pas des prix, je ne connaissais pas des marchands ni leurs stands, je ne connaissais presque rien. C’est pour cela que je trimbalais toutes mes courses du marché d’Opatija, beaucoup plus petit et où j’avais l’impression d’être protégée, où je me sentais en sécurité. Avec le temps je devenais plus courageuse pour aller faire mes courses dans le marché de Rijeka, qui pour moi était plus rude.

A ce que je me sens bien maintenant dans le port ont contribué beaucoup les garçons et les baristes de la pâtisserie Cacao. Les touristes, aussitôt qu’ils voient Cacao ils y prennent leurs places, ils sentent que c’est un endroit « to be ».

Moi j’aimais beaucoup des scènes d’arrivée des bateaux de pèche le matin avec du poisson frais.

En fait, le port entier est pour moi virile. Je suis fasciné part le fait d’être dans un vrai port d’où partent des bateaux.

Le port, le soir. Après les cours de soir que je donnais, je ressentais cette atmosphère sfumato du port de Rijeka : de rares marins, comme s’ils sont en train de chercher quelque chose qui n’y est pas ou n’y est plus.

Dans le port il y a beaucoup de bateaux à voile et un vrai voilier, celui de l’Ecole de navigation, merveilleux.

Ce qui me rend joyeuse ce sont des goëlands. Je suis tellement heureuse par le fait qu’ils sont ici, près de moi, que moi je suis ici, au bord de la MER. L’atmosphère de la MER.

Ce qui est plus beau que de vivre à Paris, c’est la mer. La mer est plus belle même de la diversité humaine qu’on peut éprouver et voir à Paris.

Et c’est cela. La mer, le port, les bateaux, les travailleurs de port, les goëlands, les ferrys pour les îles. Et la montagne Ucka qui regarde tout cela, immobile.

Une province, oui, mais une province au bord de la mer.

L’important pour moi est de ne m’être pas perdue dans tant de voyages, tant de déménagements.

Moi je ne suis pas faite ni pour l’Italie, ni pour la France, ni pour Rijeka. Moi je suis un peu de tout cela, je suis quelque part PARMI tout cela, dans mon intérieur j’ai une partie en moi-même de tout cela.

Je suis heureuse de ne pas m’être perdue en découvrant le monde.