Je me rappelle le livre « Pollyanna ». Je l’ai eu en cadeau à la fin de mon cours d’italien. J’avais 13 ans à l’époque et pour pouvoir le lire, j’ai commencé à traduire ce livre de l’italien en croate.

Les langues romanes, surtout le français, étaient pour moi un univers à moi, un univers où le contrôle de ma famille ne parvenait pas à me suivre.

J’étais libre dans mes langues. Là, il n’y avait que moi et ma liberté. Surtout en français, j’étais libre et insaisissable. C’était « il mio minimo di sognante ».

« Ti viene data solo una piccola scintilla di follia. Non devi perderla. » Robin Williams (Dans la follie aussi on est libre.)

 

En France, j’étais libre.

« Scendere al Sud per seguire la mia stella, sui mari dove io ero

scendere al Sud per seguire la mia stella, la prossima tappa del moi cammino. » Franco Battiato

Maintenant, j’ai deux endroits, deux univers où je peux me rendre lorsque je ne peux aller nulle part dans l’espace : avec l’immagination il y a deux univers où je peux aller – à travers l’italien et à travers le français.

Cela me permet de voir les choses autrement. Cela me permet d’avoir une vision qui s’échappe de la réalité.

« RISVEGLI », Salvatore Quasimodo

Ogni moi momento

io l’ho vissuto un’altra volta

in un epoca fonda

fuori di me. 

 

Je suis ici, mais je ne suis pas ici. C’est en cela que consiste ma liberté. Per non essere inchiodata nella realtà.

Je ne suis pas ici. Je n’y suis pas présente.